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PODCAST #8 - EMPIRE BAY

15 juillet 2010 | Traduit de l'anglais par: Warmth

Pour notre huitième podcast de Mafia II, Jack Scalici, le directeur de la production artistique à 2K Games, nous raconte comment l'équipe à amener Empire Bay à la vie.

TRANSCRIPTION

ELIZABETH TOBEY:


Bienvenue dans l'épisode 8 des podcasts de Mafia II. Je suis Elizabeth Tobey et je suis de retour avec Jack Scalici...

 

JACK SCALICI:


Salut

 

ELIZABETH TOBEY:


... pour parler un peu plus de la ville d'Empire Bay. Alors, Jack, commençons par une question très générale. De quelle grandeur est la ville?

 

JACK SCALICI:


Environ 16km carré.

 

ELIZABETH TOBEY:


C'était vraiment simple!

 

JACK SCALICI:


Yeah.

 

ELIZABETH TOBEY:


Plus en détail, qu'est ce qui façonne la ville? Est-ce qu'il y a différents quartiers? Comment ça se ressent? Comment ça circule? Qu'est ce qu'on y trouve quand on y est?

 

JACK SCALICI:


Ouais, ce n'est pas simplement une grosse ville, vous savez. C'est comme n'importe quelle ville - Il y a des districts différents. Nous avons un Chinatown, un Little Italy, nous avons un ghetto, un port, un centre ville qui ressemble à une zone commerciale, une zone industrielle, nous avons une sorte de zone où tous les gens riches vivent. [...] Et donc, c'est basé sur le principe des quartiers qui forment chaque grande ville. Si vous regardez toutes les grandes villes, chacune d'elles disposent de ces quartiers que je viens juste de mentionner et ils n'y a pas vraiment de voisinages différents qui se décomposent dans chaque quartier - Je pensais qu'il en serait ainsi - mais le seul voisinage qui vous concerne vraiment c'est le votre dans little Italy. C'est vraiment le seul et unique voisinage, si vous ne le saviez pas déjà, que connait Joe. C'est là qu'ils sont le plus confortable - c'est là qu'ils restent.

 

ELIZABETH TOBEY:


Peux tu m'en dire un peu plus sur les différentes boutiques et les buildings dans lesquels on peut entrer et intéragir?

 

JACK SCALICI:


Bien sûr. A un certain moment, nous nous sommes dit, "OK, où allons nous constamment?" Nous allons dans les bars, les restaurants, nous allons acheter des vêtements, des choses comme quand on va chercher de la nourriture. Ca ce sont les, vous savez - en tant que jeune et simple mec, c'est ce que vous faites. Et c'est ce que fait Vito. Il peut aller dans différents diners. Il y a différents types de nourriture dans Empire Bay, tous sont ouverts de manière pratique 24 heures sur 24. Il y a des bars - chaque bar est détenu ou fréquenté par un certain groupe. Comme les gangsters irlandais qui ont leur propre bar, les noirs ont leur propre bar, chaque famille mafieuse à son propre bar. Et il y a les magasins d'armes. Vous avez besoin d'armes, alors les magasins d'armes sont l'une des façons de vous en procurer. Il y a un autre gars du nom d'Harry qui vous vendra aussi des armes en dehors de son magasin ce qui n'est pas exactement légal.

 

ELIZABETH TOBEY:


Donc, à l'intérieur de la ville, pouvons nous parler ou intéragir avec les gérants de magasins, les citoyens, les gens dans les buildings, les gens dans la rue? Comment cela fonctionne?

 

JACK SCALICI:


Nous essayons de faire en sorte que les gens paraissent aussi vivant que possible, avec bien sûr les limites de nos technologies et de nos mémoires. Si vous tirer un coup de feu, ils commencent à crier, à s'enfuir, ils trouvent un policier et lui racontent. Si vous vous battez avec un type, parfois il s'enfuit, d'autres fois il reste et se bat avec vous. Il y a des gars que vous reconnaitrez comme des gangsters, ou des gros durs. Si vous commencez un combat avec ces types ce sera beaucoup plus dur et ils pourront sortir une arme. C'est pourquoi vous devez choisir vos combats avec sagesse. Vous savez, vous pouvez choisir une vieille femme et la voir s'enfuir alors que vous pouvez faire la même chose plus loin avec ce type baraqué dans un costume, ce sera deux situations différentes. Aussi - je pense avoir parlé de ça dans d'autres endroits - quand vous allez dans un magasin, ce qui est vraiment cool c'est que vous pouvez tout simplement payer pour vos vêtements comme le ferez un client ordinaire, ou vous pouvez aussi bien voler la boutique. Si vous sortez une arme, ils disent, "whoah, whoah, retirez cette arme de là". Ils essayent de vous calmer, ils pensent que vous êtes barge. Si vous ne le faites pas, ils appellent les flics. Si vous attendez là assez longtemps les flics arriveront et essayeront de vous arrêter. Si vous quittez le magasin et revenez plus tard vous verrez que le vendeur derrière le comptoir est en train de donner votre description et là il fera un truc du style, "Oh mon dieu, c'est ce gars là!". Et ensuite il vous pointera du doigt, ce qui est plutôt cool. Il y aussi une situation où vous pouvez simplement, par example, voler un magasin de vêtements, courir vers un autre magasin de vêtements, en acheter des nouveaux, changer de vêtements, revenir, et là la vendeuse vous regardera pendant une minute et elle sera genre, "attendez une minute, c'est ce gars juste là! Il a changé ces vêtements, il essaye de me duper, mais non, c'est un crétin, il est revenu." Un tas de petites intéractions comme ça.

 

ELIZABETH TOBEY:


Comment reflétez vous le changement dans la ville quand on passe des années 40 aux années 50?

 

JACK SCALICI:


C'est un changement vraiment drastique. Une des façons dont nous l'avons fait repose sur la météo. Les missions des années 40 se passent toutes en hiver, et dans les années 50 vous commencez en été. Donc immédiatement c'est différent. Fondamentalement nous avons regardé les photos des années 40 aux années 50, et des années 50 aux années 60, des 60 aux 70 et tout ce qui était différent. Les voitures, les coiffures des femmes changent toujours, les vêtements des femmes changent également beaucoup plus que ceux des hommes entre les années 40 et les années 50. Si vous regardez les filles dans les années 40, elles étaient habillées plus classique. En plus, c'est la saison hivernale, tout le monde est emmitoufler. Ensuite si vous regardez les filles dans les années 50, elles portent des robes d'été sexy et sympas, elles ont des coiffures différentes.

Pour ce qui est des voitures - il y a ces voitures superbes qui ressemblent à ces fusées aérospatiales qui inspiraient les voitures des années 50. Alors que dans les années 40 c'était beaucoup plus l'aspect utilitaire. Dans les années 40, il y a eu la seconde guerre mondiale et personne ne pouvait acheter de nouvelles voitures. Beaucoup de personnes ne savent pas qu'on ne pouvait pas acheter une voiture. Toutes les industries qui fabriquaient les voitures faisaient des avions, des tanks et des bombes et tout ces trucs. Ce pourquoi il n'y avait pas de nouvelles voitures, et ils avaient besoin du métal pour l'effort de guerre. Il n'y a pas eu de nouveux modèles avant 41, 42, 43 - J'ai oublié quand ça a commencé. Tout était très ennuyant. Vous savez ils n'avaient pas ces voitures jaunes, rouges, vertes brillantes ou quoi que ce soit d'autre. Dans les années 50 c'est tout à fait différent. Toutes les techniques qui ont été éléborées pour confectionner des avions par exemple - elles ont été réutilisées pour fabriquer des voitures. C'est pourquoi vous obtenez ces voitures avec des arrières super cool et ça rend superbement bien. Des moteurs beaucoup plus puissants et donc des voitures plus rapides dans les années 50. Elles ont une meilleure apparence. Les filles dans les voitures paraissent plus belles.

Il y a aussi la contreculture. La culture des jeunes a commencée dans les années 50 - la jeunesse rebelle. Les années 40 n'étaient pas vraiment comme ça. Dans les années 50 c'était le moment de l'apparition des blousons noirs (greasers). Des gars comme ça, comme les gangs à moto. Des types que vous ne voulez pas vraiment voir dans votre petit quartier sympa. Ils apparaissent dans les années 50 et ont généralement une mauvaise attitude - comme ceux que vous rencontrez dans le jeu.

Et bien sûr, comment ai-je pu oublier la musique? La musique est drastiquement différente entre les deux époques. Vous continuerez d'entendre la musique des années 40 pendant les années 50 mais ce sera sur les stations "oldies". Tout ce que vous entendez c'est comme la musique d'aujourd'hui - la musique pop tranchante. Vous savez, les trucs à la Andrew's Sister. Et Bing Crosby dans les années 40. Quand vous arrivez dans les années 50 vous pouvez écouter du rock - de temps à autre vous retournerez sur les vieilles stations et vous entendrez les chansons des années 40 que vous aimez.

 

ELIZABETH TOBEY:


Maintenant que vous avez déjà effleuré le sujet sur la météo, pouvez vous en parler? Comment, techniquement, avez vous créé la météo et quel est l'impact que vous recherchiez?

 

JACK SCALICI:


Et bien c'est plus une question d'artistes aussi loin techniquement qu'il s'agisse de créer la météo mais c'est simplement des effets de particules - c'est la neige. Vous voyez, les particules tombent du ciel. Mais cela affecte la façon dont les voitures vont se manoeuvrer. Ce n'est pas vraiment stricte, ce n'est pas comme si vous alliez glisser partout, mais vous ne pouvez pas conduire pendant les années 40 comme vous pourrez le faire en été dans les années 50, vous voyez ce que je veux dire? Pendant les années 40, si vous pilez en conduisant très rapidement à chaque coin de rue, vous allez glisser. Donc c'est réaliste dans ce sens. Vous allez également vous sentir un petit peu déprimé, et toute l'Amérique était de toute façon déprimée. C'est comme, "nous restons dans cette guerre, ce n'est pas encore fini, c'est presque gagné, nos esprits sont en train de s'élever" mais tout le monde est - encore en dépression, personne n'a d'argent, il n'y a pas d'autres boulots que celui d'aller travailler dans une usine - voilà le topo. Il n'y a pas vraiment de business d'entreprises. En fait, si il y en avait mais ce n'était pas comme ça pouvait l'être dans les années 50. Vous voyez, la musique essayait d'être enjouée mais en fait à côté de certains morceaux super entrainants le reste c'était comme: "Oh mon dieu, descend moi sur le champ". Et donc "qu'est ce qui va avec ça?" La neige. C'était à peu près la décision narrative pour la neige. Et ça parait super. Voilà pourquoi vous obtenez une palette de couleurs complétement différente. En hiver, tout est très terne et très dans le style noir et blanc. Litérallement blanc. Et ensuite, en été, pendant les années 50 c'est comme, "whoah, des couleurs partout". C'est donc un contraste artistique très sympa.

 

ELIZABETH TOBEY:


Et donc, parlons un petit peu encore de la météo mais d'un point de vue différent - Comment avez vous gérer la gestion jour/nuit dans les jeux les gars?

 

JACK SCALICI:


Et bien nous avons choisi de ne pas avoir de cycle jour/nuit. Nous voulions que chaque mission se passent pendant la durée d'une journée. Et le temps de la journée variera. Si il y a une mission comme celle de braquer un bijoutier qui sera ou ne sera pas dans le jeu. Cela arrivera la nuit évidemment, quand tout est fermé. Si vous devez enterrer un corps, ce qui, si vous avez vu le trailer, savez que vous devrez le faire. Ca arrivera probablement la nuit. Si c'est quelque chose comme un simple, "oh nous allons vendre des cigarettes. Nous avons cette remorque de cigarettes qui vient juste de tomber de l'arrière d'un camion. Nous allons vendre ces cigarettes maintenant" Vous pouvez faire ça durant la journée quand les gens seront autour et viendront acheter vos cigarettes. C'est pratiquement toujours l'histoire qui dicte quand nous voulons commencer en matinée, le soir, ou la nuit. Et vous finirez souvent la nuit parce que vous avez besoin d'aller vous coucher pour démarrer la prochaine mission, mais le moment du commencement de la mission - cela ça dépend entièrement de la trame narrative de l'histoire.

 

ELIZABETH TOBEY:


Dernière question. Quel fut l'aspect le plus difficile dans la création de la ville pour la rendre authentique et de faire en sorte qu'elle paraisse agée à mesure que les années passent?

 

JACK SCALICI:


Je dirai que la partie la plus difficile fut d'essayer de faire en sorte qu'elle ressemble à une vraie ville - ce que nous avons fait - mais tout en la gardant à la fois amusante - comme l'amusement dans un jeu vidéo. Si vous essayez de vous rendre d'un point A à un point B dans une vraie ville, ça peut vous prendre des heures. Si vous essayez d'emprunter un détour vous pouvez finir dans une impasse. Tout ces trucs ne sont pas amusants. Donc nos artistes devaient s'assurer que les architectes de la ville à 2K Czech fassent en sorte que peu importe l'endroit où vous allez, il y a toujours un endroit à rejoindre, un endroit pour conduire, qu'il y ait le moins d'impasses possible, en les gardant ouvertes. Donc là où normalement il devrait y avoir, je ne sais pas, une barrière, nous voulions retirer cette barrière pour que vous puissiez continuer de conduire. Vous n'avez pas besoin de sortir de votre voiture, courir, voler une autre voiture - des choses comme ça.
Je ne pense pas que nous savions vraiment quelles parties de quelles villes allaient être l'objectif de ce que nous allions avoir avec Empire Bay. Une des choses cools - une de mes choses préférées - c'est que la plupart de tout cela est basé sur New York avec un peu de l'architecture de Chicago je pense, San Francisco, tout ce que les développeurs ont observé, c'est ce qu'Empire Bay est devenue. Mais nous avons des collines dans Empire Bay. Si vous roulez autour de New York, c'est complétement plat. Il n'y a pas de collines du tout - autant que je sache. J'ai conduit dans la plupart des alentours, je n'ai jamais trouvé une colline. Mais à Empire Bay il y a des collines dans certaines zones donc si vous allez vraiment vite vous aurez ces genres de poursuite en voiture de San Fransisco où les voitures décollent, des genres de moments comme ça qui je le pense sont vraiment cool. Ce fut donc probablement la partie la plus dure à savoir "vraie ville" Vs. ville amusante de jeu vidéo. Parce que ça doit être interactif. Il y a certain jeu de course que j'adore où vous conduisez autour de ce qui ressemble à une vraie ville mais il n'y a personne. C'est juste une ville arcade fun fun fun - ce qui est super. Mais si vous racontez une histoire vous avez besoin des gens - il faut que ce soit vrai. Pour moi, c'était la partie la plus difficile. C'était comme: OK nous voulons cette chose réelle, vivante, qui respire mais en même temps nous devons monter d'un cran l'amusant et faire en sorte que ce soit amusant pour tout le monde. Donc dans notre jeu, vous pouvez juste vous ballader - vous devez simplement obéir au code de la route - les flics vous tomberont dessus si vous êtes un abruti complet au volant mais c'est carrément amusant.

 

ELIZABETH TOBEY:


Et bien je pense que c'est tout ce dont nous avions besoin pour aujourd'hui, donc je voudrai vous remercier d'avoir été là, et nous serons de retour dans pas longtemps pour l'épisode 9.